Manifeste France Nuage

L'intelligence ne se loue pas

Pouvoir lire, réparer, déplacer et faire tourner son informatique soi-même, c'est la condition pour rester maître de son outil de travail. Hier pour le cloud, aujourd'hui pour l'IA.

API ferméelouée au moisdéployé chez vousouvert, ré-internalisablereprendre la mainlouer l'intelligencela faire tourner soi-même

Quand l'intelligence devient quelque chose qu'on ne peut que louer à quelques acteurs fermés, on perd plus que la liberté du logiciel : on perd la liberté de travailler, d'apprendre, de chercher et de produire sans demander la permission.

L'IA devient une infrastructure de base, au même titre que l'électricité ou le réseau : pour le travail, l'éducation, la science, les services publics. Son accès ne peut pas dépendre d'une API fermée, de conditions qui changent du jour au lendemain, d'une modération opaque ou d'un prix fixé par une poignée d'entreprises.

On porte cette conviction depuis des années pour l'informatique en général. L'IA n'est que le dernier front.

Ce que nous défendons

La liberté opérationnelle d'abord

Tout doit rester possible sans demander d'autorisation : étudier, construire, réparer, déployer, auditer, adapter, enseigner, conserver et faire tourner ses propres systèmes. C'est ce qui sépare un outil qu'on possède d'un service qu'on subit.

Ouvert, donc maîtrisable

Ce qui n'est ni inspectable ni reproductible n'est pas maîtrisable. Nous distinguons les vrais logiciels libres des modèles à poids ouverts : pouvoir télécharger des poids n'est pas la même chose que pouvoir tout reconstruire. Nous nommons la différence au lieu de l'entretenir.

Ré-internalisable par construction

Une infrastructure doit survivre à son fournisseur. Si l'éditeur change de cap, augmente ses prix ou disparaît, vos systèmes continuent de tourner sur votre matériel, dans votre pays. Tout reste déployable localement et reproductible, sans clé détenue par un tiers.

Souverain, et européen

La seule capacité qui nous intéresse est la nôtre, celle de l'Europe. Vos données sont hébergées en France dans le cadre du RGPD, l'infrastructure est prête pour vos obligations liées à l'AI Act, et les standards restent ouverts et partagés. Être souverain, c'est garder la main sur ce qui fait tourner le pays.

Pas de rente sur l'intelligence

Nous refusons que penser devienne un abonnement. Quand quelques laboratoires fermés contrôlent les modèles, l'infrastructure de la cognition se transforme en péage. Le prix, les conditions et la disponibilité ne doivent jamais dépendre d'un guichet unique.

Au-delà de l'IA

Ce combat vaut pour tout : le calcul, le stockage, l'identité, la supervision, la sauvegarde. L'IA rend le sujet visible, mais le verrou est le même partout. Une informatique ouverte est une condition de souveraineté.

François-Guillaume Ribreau

Signé,

François-Guillaume Ribreau

Cofondateur, France Nuage

Signataire EuroStack

D'où vient ce texte

On n'est pas seuls à le penser. La définition de l'IA open source de l'Open Source Initiative, l'appel de nombreuses organisations européennes (Mistral, Hugging Face, Mozilla, Red Hat) pour une IA ouverte au service de la souveraineté du continent, ou l'initiative EuroStack, que nous avons signée, tracent la même ligne. Outre-Atlantique, des voix comme le manifeste Open Source AI Must Win défendent l'ouverture. Nous la défendons depuis l'Europe, pour l'Europe.

Ce que ça change, concrètement

Un manifeste sans produit n'est qu'une posture. Concrètement, cela prend la forme d'un cloud souverain hébergé en France, de la possibilité de rapatrier votre infrastructure hors des hyperscalers, et de LLM open-weight que vous déployez sur votre propre matériel (Mistral, Qwen, Llama), avec une API privée, sans rien envoyer à une API américaine.

Vous partagez cette conviction ?

Construisons l'alternative ensemble.